J’vas t’tuer! Mais non, c’est une joke!

J’ai vraiment pris le mors aux dents quand j’ai lu cette nouvelle sur Canoe

En gros, des étudiants ont ouvert un groupe Facebook qui disait: « On tue toute les criss de tabarnak de profs ».  Plus de 800 élèves étaient « amis » sur ce groupe.

Avant tout je veux préciser.  Je n’ai rien contre la liberté d’expression de ces jeunes élèves.  Au contraire je les encouragerais à s’exprimer, à dire ce qu’ils ont sur le coeur dans leur vie de tous les jours, sur les profs, la société, la vie en général.  J’ai moi-même fais partie de groupes de contestation quand j’étais au CEGEP, j’ai participé aux assemblées étudiantes, merde, j’ai même été la bougie d’allumage lors d’une assemblée en disant haut et fort: « vous voulez protester mais vous restez tous là à vous plaindre dans un gymnase… si vous voulez vous faire entendre, ben sortez pis dites ce que vous pensez… » Bref, j’ai brassé d’la marde quand j’étais étudiant mais… personne n’a jamais pensé, même « en joke » à faire des menace de mort au ministre de l’éducation de l’époque.  Nous avions encore un certain respect pour les autres.  Nous, on nous avait éduqué.

Mais là,   il faut le dire, ces jeunes exagères.  N’ont-ils pas eu d’éducation?  Je ne parle pas d’éducation scolaire mais bien d’éducation en général, le respect des autres en tout premier lieu.  C’est certain, évident même que les parent ne peuvent pas être partout et surveiller chaque geste de leur progéniture.  Mais si seulement ils leur avaient inculqué des notions aussi simple que le respect, des menaces de mort on n’en verrais probablement pas, ou moins mais plus important encore on n’entendrais pas ces commentaires au-delà de la stupidité: « C’est correct, les profs ont eu peur aussi, mais c’est chien pour nous autres. C’était une blague! Ils auraient pu juste fermer le Facebook et nous en parler, mais pas nous suspendre pour ça »… C’est une étudiante qui a fait ce commentaire.  Une blague?  En 2011 une menace de mort est devenue un blague?  Wow!  Banaliser à ce point une menace de mort est tellement gros que je me demande vraiment où elle a pris son éducation.  Mademoiselle, la vie n’est pas un jeu vidéo!

Et il y a eu cet autre commentaire.  « Pensez-vous qu’y a un élève de secondaire II qui peut tuer des gens (un prof)? » Je suis tenté de ne pas juger ce commentaire fait par une autre étudiante.  À son âge, elle ne sait probablement pas qu’en 1999 deux jeunes ont tués 12 étudiants et un professeur et ont blessés 21 autres étudiants avant de s’enlever la vie à Columbine aux États-Unis.  Mais un avait 18 ans, l’autre 17 ans… c’était presque des adultes.  Ben oui!  En 1987 un jeune a tué un camarade de classe qui en avait fait sa tête de turk, en 1996 un étudiant de 16 ans pensait que se serait drôle de faire une tuerie, en 1996 un étudiant de 16 ans a tué un de ses profs à Atlanta, en 1997 un garçon de 13 ans tue un autre élève devant son école… des cas comme ça il y en a beaucoup aux ÉU.  Alors OUI… un jeune de secondaire II peux en arriver à tuer un prof!  Une menace de mort n’est JAMAIS une blague. Une menace de mort, même si elle est faite à la blague, peut entrainer une poursuite si la personne visée se sent réellement menacée.

Maintenant ces jeunes doivent faire face aux conséquences de leur geste.  Pas de seconde vie comme dans les jeux vidéos.  Pas de « redo » pour faire un pas en arrière comme sur les ordinateurs.  La menace a été faite, prise au sérieux.  Des personnes se sont senties visée et ont été indisposées au point de porter plainte.  Les jeunes doivent payer selon ce que la loi prévoit.  Amendes, réclusion, casier judiciaire… peut importe.  La loi n’a pas le sens de l’humour.  La mort n’a pas le sens de l’humour.

Quand j’étais à l’école, même si nous ne les aimions pas toujours, jamais nous n’aurions menacé un prof de mort,  il y avait la plupart du temps un certain respect.

Je ne sais pas d’où vient ce manque de respect des jeunes envers l’autorité.  Mais je soupçonne bien sûr que les parents sont à l’origine de la majorité des cas de manque de savoir vivre.  Et à écouter les nouvelles, on n’est pas sortis de l’auberge!

7 Commentaires

Classé dans Opinion

7 réponses à “J’vas t’tuer! Mais non, c’est une joke!

  1. Carole

    Vous me paraissez très suffisant dans vos propos.
    « nous avions une éducation » ? J’ignore votre âge, Monsieur, et quand bien même je le saurais, la violence a toujours été de mise au sein des écoles/collèges/lycées, quelque soit l’époque, et entre élèves. Violence verbale, morale, plus encore que physique. La situation concerne ici des adultes. Je constate sans surprise que les gens ont une tendance très marquée à considérer les violences entre « camarades » de classe comme de sympathiques chamailleries.
    Lorsqu’un adulte est en cause, en revanche, cela devient extrêmement sérieux, alors même qu’il me paraît évident, pour moi-même fréquenter les réseaux sociaux, qu’il s’agissait bel et bien « d’une blague ». Eh oui, une joke. Pas drôle ? Non, sûrement pas.
    Les biens-pensants ont cependant tendance à considérer facebook comme l’arme du diable, à craindre ce qui en émane, et à avoir des réactions totalement disproportionnées face à ce genre d’évènements.

    Si ces jeunes personnes ont à connaître de leurs actes devant la loi, qu’il en soit ainsi. Mais qu’on ne vienne pas me parler des « conséquences » de leurs agissements comme vous le faites dans votre article. Ces jeunes n’avaient simplement pas conscience de la gravité de leurs actes, et de la façon dont ils pouvaient être perçus. Pas un manque d’éducation. J’estime avoir été bien éduquée et, plus jeune, j’aurais bien pu être face à ce genre d’erreur.

    J’ai également tiqué sur la façon dont vous vous moquez de façon à peine voilée de l’ensemble des jeunes ayant réagi, vous voulant spirituel en interprétant leurs commentaires comme ayant été écrits de la main de petits geeks fagocités dans leur monde de jeux vidéos. Votre sentiment de supériorité en vient à dissimuler le message initial de votre billet. Il prend toute la place.

    Votre article condamne, mais il ne voit pas plus loin que le bout de son nez.

  2. Voilà une réaction bien rédigée. Bravo. J’ai même relu mon billet et vous savez quoi? Je n’en changerai ni le propos, ni le ton. Il est très bien ainsi et explique bien mon point de vue.
    Pour ce qui est de mon âge, je suis assez vieux pour avoir été témoin de cette violence à deux époques assez éloignée alors, je n’ai aucune leçon à recevoir sur cette violence qui comme vous le dites a toujours été présente entre les élèves. Mieux encore, chère mademoiselle, j’étais aux premières loges alors que j’ai été victime de cette violence quotidiennement pendant plus de 4 ans. Je sais très bien de quoi je parle. Dans ces années là, OUI il y avait de la violence entre les étudiants, OUI certains professeurs se faisaient insulter, mais NON, il n’y a jamais eu de menaces de mort envers les profs. Rarement ais-je même entendu des menaces de morts entre étudiant, à part dans les gangs de rues. Et comme je vous le dis, j’étais très près de « l’action ».
    Je dois aller bosser alors je reprendrai l’article plus tard.

  3. J’ai eu des frissons quand j’ai entendu cette nouvelle. J’enseigne aux ados. Et vivre une telle situation me donnerait juste envie de ne plus remettre les pieds dans mon lieu de travail.

    Une suspension pour les élèves ayant démarré ce site, ces menaces est une bien petite peine pour ces derniers.

    Quand un jeune menace de se suicider, on a tout un protocole d’intervention pour lui venir en aide et il est suivi de très près pas juste une semaine.

    Ici, on entend que des jeunes ont fait des menaces de mort. Je crois que ça ne doit pas être pris à la légère. Ils devaient eux aussi être suivis de près car s’ils considèrent que ces paroles n’étaient que des blagues, on doit leur enseigner le poids des mots.

    Des mots qui autrefois, étaient plus pesants.

  4. Je dirais un gros manque d’éducation sur la puissance des mots pour ma part ! Après, comme toi, il me semble que les mots avaient plus de signification dans notre jeunesse et on ne les disait pas « juste en joke », après je suis peut-être un vieux con de 30 balais passé… ;o)

  5. Là j’avoue que j’ai du mal à qualifier votre commentaire. « Réactions totalement disproportionnées… » Vraiment? On parle ici de menace de mort, pire encore de complot dans le but de tuer un professeur. Il y a eu quelques exemples au cours des dernières années de coucous qui ont écrit sur des médias sociaux pour annoncer leur haine et leur intentions d’agir. Personne n’a réagi et des innocents sont morts. Cette fois, même si ce sont des ados, il y avait encore une fois une annonce d’intention. Facebook n’est pas un site de blague collective. Le groupe créé par les adolescents pouvait avoir l’air d’une réelle menace : « ON TUE TOUS LES CRISS DE TABARNAK DE PROFS… » Il fallait faire quoi prendre ça à la légère?

    « Ces jeunes n’avaient simplement pas conscience de la gravité de leurs actes » Je reviens sur le gros du problème : Menace de mort. Je ne sais pas si vous prenez conscience de la gravité d’un tel geste. L’histoire le prouve, il n’y a pas d’âge pour commettre un acte l’irréparable. La menace de mort est passible de 18 de prison, ce qui n’est pas rien. Bien sûr avec la sentence, vient un casier judiciaire. Je pense qu’il faut vraiment manquer de matière grise pour ne pas savoir que menacer quelqu’un de mort est un geste très grave. S’il vous faut un cours pour le savoir, s’il faut que quelqu’un vous dise que faire une blague en public sur la vie d’un de vos professeurs… alors je me questionne. Pour certains, il y a un geste : Menace de mort (et ne blague pas avec ça) il devrait y avoir une conséquence : poursuite au criminel. Une dure leçon, mais comme on le dit ici, « La loi, c’est la loi ».

    Maintenant, je me dois de répondre à votre affirmation alors que vous dites que je me moque de façon à peine voilée de la réaction des jeunes. J’ai relu mon texte et même si c’est tout à fait moi de me faire moqueur, sarcastique ou cynique, je ne vois rien dans mon texte qui puisse indiquer quoi que ce soit du genre. Je suis clairement moralisateur, c’est vrai mais je ne vois pas comment je pourrais me moquer de leur banalisation d’un geste grave. Demandez à un professeur comment il réagirait s’il apprenait que des étudiants planifient son assassinat car ce professeur n’a aucune façon de savoir qu’il s’agit d’une blague. Demandez-lui, une fois la vérité révélée, s’il trouve cette blague drôle.

    Alors je persiste et signe. Les étudiants à l’origine de la page Facebook doivent faire face aux conséquences de leur gestes, s’il y a lieu. Les étudiants qui ont menacé et planifié la mort de deux professeur, même à la blague, doivent être punis selon la prescription que la loi prévoit dans de tels cas et leur punition doit être un exemple pour tous les étudiants. Ils doivent comprendre qu’on ne peut pas agir en tout impunité quand on commet des gestes répréhensibles et on ne peut pas se servir de l’excuse « je ne savais pas » comme bouclier. Faut-il enseigner l’ensemble du code criminel à tout le monde, ainsi on serait averti d’avance avant de poser un geste? Non…

    Bien sûr il ne faut pas généraliser. En même temps, la loi doit passer un message et ce dernier doit être entendu par tous ces jeunes qui banalise un geste de dire tel que dire « on va le tuer ».

  6. Drew

    @Carole, je vous avoue tout de go que je suis entièrement en accord avec ce billet. C’est plutôt votre commentaire qui m’accroche de par cette phrase: «La situation concerne ici des adultes»

    Non, cette situation ne concerne pas des adultes à priori. De facto, votre argumentation et votre opinion n’appuient en rien un argument à la discussion.

    Pour ce qui est de votre défense envers «ces jeunes», sachez qu’à cet âge, ils ont eux aussi des lois auxquels ils doivent se soumettre. Ce n’est pas la loi du nombre qui s’applique ici mais bien leurs paroles/actions/intentions/joke qui se doivent d’y répondre.

    Vous qui préconisez une vision plus loin que le nez… Z’êtes crissement pas sorti de vos narines je vous ferai remarquer

  7. Je suis revenu de Québec où j’ai vu des jeunes manifestants, pour la plupart des étudiants contre une hausse ou une augmentation des frais de scolarité. Ils ont manifesté dans le calme et la dignité et ça m’a surpris.

    À l’époque de mes années de cégep (Montmorency), je n’ai pas vécu ou été témoin de violence, d’agressivité, qu’elles aient été verbales ou physiques. Je ne dit pas qu’il n’y en a pas eu.

    Les années 70 par exemple avaient été le précurseur à la violence sous toute ses formes, bien plus que maintenant.

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