Archives mensuelles : mars 2012

Ce temps qui nous use

Vous vous souvenez de votre jeunesse? Comment aller se coucher le soir était presque une punition, il y avait tant à faire! Tant de plaisir à avoir, tant de choses à découvrir. À sept ans, normalement, la maladie ne fait pas partie de notre vocabulaire. Les journées nous semblent interminables, les étés sont longs… mais longs! Tout comme les autres saisons d’ailleurs! Nos parents sont invincibles et pour nous ils seront toujours là pour nous protéger, pour nous écouter et regarder nos moindres accomplissements. Pour nous remettre à l’ordre aussi, mais c’est un moindre mal.

Vient ensuite l’adolescence. Elle est un peu plus tortueuse. On se découvre, on se détache de nos parents. On apprend la vie et l’amour. Notre corps nous semble une merveilleuse machine que l’on se plait à pousser toujours un peu plus loin. Ce sont pour beaucoup des années merveilleuses.

Ces années-là me semblent tellement loin ce soir. Non pas que je sois particulièrement Down. Les événements des dernières semaines me font cependant réaliser combien la machine humaine devient de plus en plus fragile à mesure que les années passent.

Ces membres de ma famille que j’imaginais invincibles, voire immortels quand j’étais tout jeune sont aux prises avec la maladie ou une défaillance causés par le temps. Du nuage sur lequel je flottais quand j’étais gamin, me voilà cloué au sol, témoin impuissant de l’œuvre des années. C’est une gifle.

Et moi. Je vois les années passer et me questionne. S’il n’y a pas si longtemps ma vie de solitaire me semblait acceptable, elle me semble de plus en plus empoisonnante à mesure que j’avance en âge. Je commence à m’en vouloir de ne pas avoir donné à ma mère un petit fils ou une petite fille. Est-ce mon égoïsme ou ma peur de la rupture qui m’ont amené là, je n’en sais rien. Mais le prix que je paie aujourd’hui me semble plus grand qu’anticipé. Combien j’aimerais ce soir avoir une épaule, quelqu’un à prendre dans mes bras pour oublier ne serait-ce qu’un moment combien, au bout du compte, la vie est éphémère. La santé est éphémère. Combien j’aimerais avoir une main à prendre pour avancer sur cette route dont les couleurs deviennent moins vives d’année en année. Une main qui pourrait m’aider juste un peu quand j’ai un genou au sol. Pas pour faire l’effort à ma place, juste pour ressentir un minimum de cette humaine si reposante quand tout ce qui m’entoure semble perdre son sens. Une autre âme avec laquelle je pourrais simplement… partager.

Ça doit être ça vieillir. Réaliser que tout à une fin.

Non. Je ne suis pas Down. Mais je me questionne et ce soir… j’aimerais ne pas être seul ou pouvoir regarder en avant et savoir que cette route en croisera une autre. Question de ne pas vieillir en solitaire.

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Appréciation renouvelée

J’aime le dessin. J’ai toujours aimé, mais comme j’avais une sainte horreur de mes propres dessins que je ne pouvais comparer à ce que je voyais ailleurs, je m’en suis éloigné. Une bête erreur on me dira, je concéderai, mais c’est comme ça.

Depuis quelques années, des camarades blogueurs comme Renart Léveillé et Yvon Roy ont en quelque sorte picossé cette passion refoulée. Mais encore, écrasé par mon propre doute sur mes talents, je me suis sauvé de l’effort à faire pour m’améliorer. Doute quand tu nous tiens!

Dernièrement, un grand artiste est décédé. Il s’agit Jean Giraud, mieux connu sous le nom de Moebius ou Gir c’est selon. Yvon en a parlé sur son profil Facebook et piqué par la curiosité, je suis allé voir sur le Net ce que cet artiste a fait. Ma mâchoire s’est décrochée!

C’est en regardant les dessins de Moebius que j’ai réalisé que j’ai longtemps pris pour acquises les bandes dessinées. J’ai lu des Superman; des Spiderman; des Ironman… mais est-ce que je les ai vraiment regardés? Non! Les coups de crayon, le coloriage, la mise en place… tout ça, « c’était », tout simplement.

Depuis ma découverte de Giraud, j’ai vu plusieurs vidéos et je me suis acheté le premier tome de la série L’ Incal. Je n’ai lu qu’une dizaine de pages… mais cette fois, j’apprécie chaque dessin. Mieux encore, je sors mon papier à dessiner et j’essaie de copier les dessins la méthode et vous savez quoi? J’ai un plaisir fou! Les résultats sont horribles! Mais j’y prends plaisir et j’ai un respect renouvellé pour ces artistes qui nous font visiter l’imaginaire à leur façon.

Je vous laisse sur mes images préférées de Giraud, Moebius… Jusqu’ici!

Images: Jean Giraud aka Moebius

 

 

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