Ce temps qui nous use

Vous vous souvenez de votre jeunesse? Comment aller se coucher le soir était presque une punition, il y avait tant à faire! Tant de plaisir à avoir, tant de choses à découvrir. À sept ans, normalement, la maladie ne fait pas partie de notre vocabulaire. Les journées nous semblent interminables, les étés sont longs… mais longs! Tout comme les autres saisons d’ailleurs! Nos parents sont invincibles et pour nous ils seront toujours là pour nous protéger, pour nous écouter et regarder nos moindres accomplissements. Pour nous remettre à l’ordre aussi, mais c’est un moindre mal.

Vient ensuite l’adolescence. Elle est un peu plus tortueuse. On se découvre, on se détache de nos parents. On apprend la vie et l’amour. Notre corps nous semble une merveilleuse machine que l’on se plait à pousser toujours un peu plus loin. Ce sont pour beaucoup des années merveilleuses.

Ces années-là me semblent tellement loin ce soir. Non pas que je sois particulièrement Down. Les événements des dernières semaines me font cependant réaliser combien la machine humaine devient de plus en plus fragile à mesure que les années passent.

Ces membres de ma famille que j’imaginais invincibles, voire immortels quand j’étais tout jeune sont aux prises avec la maladie ou une défaillance causés par le temps. Du nuage sur lequel je flottais quand j’étais gamin, me voilà cloué au sol, témoin impuissant de l’œuvre des années. C’est une gifle.

Et moi. Je vois les années passer et me questionne. S’il n’y a pas si longtemps ma vie de solitaire me semblait acceptable, elle me semble de plus en plus empoisonnante à mesure que j’avance en âge. Je commence à m’en vouloir de ne pas avoir donné à ma mère un petit fils ou une petite fille. Est-ce mon égoïsme ou ma peur de la rupture qui m’ont amené là, je n’en sais rien. Mais le prix que je paie aujourd’hui me semble plus grand qu’anticipé. Combien j’aimerais ce soir avoir une épaule, quelqu’un à prendre dans mes bras pour oublier ne serait-ce qu’un moment combien, au bout du compte, la vie est éphémère. La santé est éphémère. Combien j’aimerais avoir une main à prendre pour avancer sur cette route dont les couleurs deviennent moins vives d’année en année. Une main qui pourrait m’aider juste un peu quand j’ai un genou au sol. Pas pour faire l’effort à ma place, juste pour ressentir un minimum de cette humaine si reposante quand tout ce qui m’entoure semble perdre son sens. Une autre âme avec laquelle je pourrais simplement… partager.

Ça doit être ça vieillir. Réaliser que tout à une fin.

Non. Je ne suis pas Down. Mais je me questionne et ce soir… j’aimerais ne pas être seul ou pouvoir regarder en avant et savoir que cette route en croisera une autre. Question de ne pas vieillir en solitaire.

2 Commentaires

Classé dans Art de Vivre, Tranche de vie

2 réponses à “Ce temps qui nous use

  1. Il n’est jamais trop tard, ça doit être pour ça que tu n’es pas down.😉

  2. étoile

    Je lis vos billets depuis quelques temps et aujourd’hui je me décide à plonger.J’aime particulièrement celui-ci. Je suis dans la jeune cinquantaine et je ne réalise pas que je suis déjà rendue là. Quand je regarde mes parents âgés et encore autonome je me réjouis de les voir encore en forme. Aussi je fais ce que je peux pour vieillir en santé tout en profitant pleinement de la vie.J’ai des amies de 23ans à 73 ans. Je suis bien entourée.J’aime et je me sens beaucoup aimé. J’ai connu la vie à deux en mariage j’ai eu un enfant qui est adulte maintenant. Mon ex mari est parti avec une autre et j’ai accepté son choix malgré la peine. J’ai rencontré un autre grand amour mais il est décédé après deux ans de fréquentations. J’ai élevé mon fils seule il avait alors 10ans. J’ai fait le choix de continuer ma vie en solitaire. Je ne veux plus prendre de risque de perdre à nouveau. Je suis bien ainsi et heureuse. Mon fils est lui aussi célibataire et je lui souhaite de rencontrer la bonne personne. J’ai des amies qui ont très peur de vieillir seules. Je me « prépare » au départ de mes parents. Je sais que ce ne sera pas facile mais c’est la vie n’est-ce-pas? Je comprends quand tu dis qu’on les croient immortels et que c’est une gifle de perdre un être qu’on aime. En vieillissant j’apprends que je n’ai pas eu le choix de continuer ma vie et d’accepeter les choses que je ne peux changer. Désolée si j’ai été longue dans ce commentaire. Bonne route et sûrement qu’un jour vous ferez la rencontre d’une personne qui vous méritera. merci et Bonne fin de journée!

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